Pour lancer leur saison au Théâtre Maisonneuve, Les Grands Ballets Canadiens ont fait revivre le drame mythique d’Alexandre Dumas fils du 23 au 27 septembre 2025.

Crédits : Les Grands Ballets Photo : Sasha Onyshchenko
L’histoire d’amour impossible entre Marguerite Gautier, courtisane parisienne condamnée par la maladie, et Armand Duval, jeune bourgeois prêt à braver les conventions pour elle, reprend vie sous une forme néoclassique imaginée par Peter Quanz.
Dès l’ouverture, une idée originale captive le regard : trois couples montent simultanément sur scène pour incarner Marguerite et Armand à travers trois facettes de leur destin, soit l’amour, le sacrifice et l’abîme.
Visuellement, le travail séduit par son élégance et sa précision millimétrée. Les danseurs font preuve d’une technique irréprochable et d’une remarquable fluidité. Les costumes d’époque robes amples, cannes et éventails installent immédiatement l’atmosphère feutrée des salons parisiens sans jamais alourdir la scène.
La musique retient particulièrement l’attention en mettant en valeur des compositrices romantiques comme Clara Schumann et Fanny Mendelssohn, portée par des passages au piano en direct qui apportent une douceur et une intimité précieuses.

Crédits : Les Grands Ballets Photo : Sasha Onyshchenko
Pourtant, le spectacle laisse une impression partagée sur le plan dramatique. À force de tout contrôler et de privilégier des lignes impeccables, l’ensemble demeure parfois trop sage et retenu.
Le public contemple une chorégraphie magnifique, mais la fièvre amoureuse, la fatalité et la douleur viscérale du roman peinent à traverser la rampe. On admire la pureté du geste sans ressentir le véritable bouleversement qu’appelle une tragédie aussi déchirante.
Cette relecture de La Dame aux camélias s’impose comme une proposition d’une grande beauté plastique et d’une maîtrise technique indéniable.
Une œuvre idéale pour les amateurs de ballet épuré, même si le résultat risque de laisser sur leur faim ceux qui espéraient sortir de la salle le cœur brisé par la passion de Dumas.

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